Terre du CIEN n°25
Spécial Colloque de Saintes "Etrange, étranger, étrangeté".
Editorial
Du pari d’orienter l’inter-
Cette livraison est spéciale à deux titres.
1 - Elle donne suite au Ve Colloque du Cien (7 juin 2008 à Saintes) à ceux qui ont partagé sa générosité cartésienne et à ceux qui n’ont pas eu l’heur d’être des hôtes du laboratoire qui en assura la logistique tout en contribuant à sa thématique.
2 - Elle est la première d’une nouvelle équipe de rédaction, constituée autour du laboratoire de Saint-Nazaire. Elle témoigne ainsi de la vitalité des laboratoires du Centre, qui se multiplient et s’inscrivent plus solidement dans la cité à travers les traitements diversifiés de quelques-uns des échecs des « solutions » qu’elle a cru pouvoir imposer.
Comment ne pas remarquer que les invités de ce Colloque corroborèrent la réduction par Lacan des connexions de la psychanalyse et notamment celle de la « linguisterie », qui ne ménage aucune place à l’inconscient ?
Quid alors de l’inter-disciplinarité dont le CIEN se réclame ? Injustifiée ou fondée ?
Fondée bien sûr, si elle est cernée.
Le thème « Étrange, étranger, étrangeté » y est très propice. Aussi risqué-je une définition, à mettre à l’épreuve, aux fins d’assurer la rigueur d’une pratique dont l’originalité demande d’être affûtée pour être sauvegardée. Cette pratique dite « conversation », le Cien a prévu de la remettre sur son métier.
L’inter-disciplinarité est son cadre de recherche. Elle réside dans son orientation par la psychanalyse, incarnée dans chaque laboratoire par la présence d’au moins un ayant une expérience personnelle de l’analyse — analyste ou analysant « éclairé ». Choisir cette orientation, c’est aborder un problème autrement du fait d’opérer un bougé dans l’abord de ce qui fait obstacle (étrangeté d’un réel intime) pour un ou plusieurs. Ce bougé, que concrétise le tiret, ouvre l’espace de l’écoute des dits dont il prend son départ, quelle que soit la discipline dont ils relèvent initialement. Dans cet espace à établir en chaque occasion (aucune recette n’existe), s’ouvrent les cheminements de la conversation, imprévus et (heureusement) imprévisibles.
C’est là un fil de lecture de la suite, parmi bien d’autres, puisqu’elle invite chacun à « y mettre du sien ».
Judith Miller
Sommaire
Étrange, étranger, étrangeté
Spécial colloque de Saintes
Éditorial - Judith Miller
dossier (p. 3)
Philippe Lacadée - « Une terre étrangère interne »
Cécile Canut - Fantasmes de « langue »
Catherine Henri -
« J’étais à 16 000 lieues du lieu de ma naissance »
échos des laboratoires (p. 15)
L’exil
Françoise Martin - À beau dire vrai qui vient de loin
Michèle Rivoire - Hospitalité
Marie-Cécile Marty - Mineurs isolés
L’intrus
Claude Oger - De l’étranger au vivace
Ariane Oger et Isabelle Guillermic-Goebels -
Le vif de l’étranger
Peggy Geraci - Un élève pas comme les autres
Jacques Rodde et Marie-Noëlle Faucher, avec la participation de Françoise Martin -
Animateur : un étranger aux abords d’un quartier
Le même et l’autre
Jean-Pierre Denis - Étrange, étranger, étrangeté
Françoise Marchetti -
Des enseignants en laboratoire : un pari sur le temps
Catherine Thomas - Les déboussolé(e)s de la ligne droite
Savoir et nouveauté
Ariane Chottin - Une langue étrangement grise
Agnès Giraudel - Un espace de calcul hors classe
Françoise Monnier - Parler à n’est pas parler avec
Hélène Rivir - L’apprentissage comme source d’étrangeté
rayonnage (p. 40)
Françoise Labridy - Langue en devenir
Philippe Cousty - Entrer en littérature
Ariane Oger - L’irréductible étrangeté de la langue
regard (p. 48)
Monique Variéras - Un réel pliable à l’infini